FEVRIER 2009 - SEI SOLO - Hélène Schmitt interviewée par Philippe Verrièle - Danser
Par Raphaël Cottin, vendredi 27 février 2009 à 12:55 :: presse :: #16 :: rss
Découverte . . .
Violoniste baroque, Hélène Schmitt interprète les Sonates et Partitas pour violon seul de Bach avec le chorégraphe et danseur Raphaël Cottin. Le spectacle, Sei solo, présenté en décembre au Regard du Cygne à Paris, est un peu plus qu'un duo musicien-danseur.
Par Philippe Verrièle
Hélène Schmitt, son violon, et Raphaël Cottin, le trio de Sei Solo.
photo : Stéphane Charpentier
Hélène Schmitt, pourquoi avoir choisi Raphaël Cottin?
Je l'ai cherché! Depuis cinq ou six ans, je voulais faire quelque chose à partir des partitas et sonates pour violon de Bach. Je les ai enregistrées en 2004, alors que j'habitais l'Allemagne et j'ai toujours eu des relations très fortes avec la danse. J'en ai fait, j'en ai vu beaucoup, j'ai travaillé avec Joachim Schlömer, mais je n'imaginais pas faire Bach avec lui. Il me fallait quelque chose de beaucoup plus concentré et d'intime. Revenue en France en 2005, j'ai vu des spectacles qui ne m'ont pas convaincue. J'ai donc utilisé mon réseau personnel. Un ami musicien m'a conseillé Wilfride Piollet et Jean Guizerix, nous sommes convenus d'un rendez-vous assez éloigné. Dans l'intervalle, un ami percussionniste m'a suggéré le nom de Raphaël Cottin. Avant même de lui parler, je suis allée voir un de ses spectacles et je suis tombée sous le charme. Après, je l'ai rencontré, je lui ai envoyé l'enregistrement. Deux jours plus tard, il me rappelait.
Pourquoi souhaitiez-vous à ce point travailler avec un chorégraphe?
J'ai imaginé quelque chose qui parlerait de solitude et de défi. Il y a une anecdote qui a beaucoup séduit Raphaël. Bach parlait et écrivait parfaitement l'italien. Or, sur la partition, il a fait une faute. Il aurait dû écrire Sei Soli, ce qui veut dire "six solos", mais il a écrit Sei Solo, en confondant singulier et pluriel. Mais Sei Solo, cela veut aussi dire "tu es seul"! Travailler avec un chorégraphe signifiait, pour moi, ne pas me confiner dans le fond, derrière le danseur. Si Raphaël me l'avait demandé, je l'aurais fait, mais il s'est mis à me regarder et il a constaté que dans le travail du violoniste, il y a toute une musique du corps.
Ce travail ne vous a pas déconcertée?
C'est assez proche! Je cherche toujours avec le violon le geste qui sert au mieux la musique. Quand visuellement le geste dit parfaitement ce qu'il y a à dire, la musique y gagne, c'est comme avec un pinceau. C'est vrai de tout le corps, mais particulièrement du bras droit qui est comme le danseur du violoniste.
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